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Pourquoi faudrait-il plus de psychomotriciens dans nos écoles ?

Quelle question, me direz-vous, il y en a déjà un dans chaque école maternelle ! Oui, c’est exact. Dans chaque école maternelle belge, il y a un maître spécial de psychomotricité qui offre 2 périodes de 50 minutes d’éducation psychomotrice à tous les enfants de la 1ère à la 3ème maternelle. Les modalités de cet encadrement sont fixées par un décret. Et c’est très bien !

Mais ces séances de psychomotricité sont des séances de groupe à visée préventive et éducative. À mon sens, les écoles ont également besoin de répondre plus spécifiquement aux difficultés psychomotrices rencontrées par certains enfants. Leur proposer un suivi psychomoteur individuel, à visée rééducative ou thérapeutique, y constitue une réponse.

Voilà pourquoi je pense qu’il faudrait plus de psychomotriciens dans nos écoles. Mais des psychomotriciens qui travailleraient différemment des maître spéciaux de psychomotricité, en charge des groupes. Des psychomotriciens qui pourraient recevoir les enfants dans un local adapté, et non dans la salle de gym, afin de réaliser des bilans psychomoteurs et des séances individuelles. Qu’en dites-vous ?

Cela se fait déjà pour la logopédie (l’orthophonie, direz-vous en France) : certaines écoles mettent un local à disposition des logopèdes pour qu’ils puissent organiser leurs séances sur place.

Pourquoi faudrait-il plus de psychomotriciens dans nos écoles ?

Cette position de « consultant » au sein d’une école représente un débouché professionnel supplémentaire pour les diplômés du Bachelier en Psychomotricité. J’en suis convaincue et je vous explique pourquoi dans cet article !

Quels sont les intérêts d’une consultation de psychomotricité au sein de l’école ?

Pour le psychomotricien, le fait d’être sur place lui permettra de s’inscrire dans une démarche pluridisciplinaire. Il pourra ainsi travailler de pair avec la direction, les instituteurs, les surveillants, les éducateurs, les maîtres spéciaux de psychomotricité et le centre PMS. La collaboration et les échanges d’informations en seront facilités. Le psychomotricien aura accès à une compréhension des difficultés de l’enfant dans son ensemble.

Pour l’instituteur et les maîtres spéciaux de psychomotricité, le psychomotricien représentera un important soutien dans l’intégration de l’enfant au sein du groupe classe. Ils pourront se focaliser sur la gestion du groupe tout en étant assurés que cet enfant bénéficiera d’un accompagnement individuel. Le bilan psychomoteur pourra également leur apporter des pistes et des éléments de compréhension quant à la problématique de l’enfant.

Pour l’enfant, être entouré par une équipe de professionnels qui articulent leurs compétences au service de sa problématique ne peut être que bénéfique. Il se sentira soutenu et accompagné dans son développement et son projet pédagogique, plutôt qu’écarté et stigmatisé par ses difficultés.

Pourquoi faudrait-il plus de psychomotriciens dans nos écoles ?

Pour l’école, proposer un tel dispositif représentera un nouvel outil d’intégration des élèves à besoins spécifiques. Au lieu de pointer les difficultés d’un enfant à s’inscrire dans le cadre de l’école et le renvoyer vers l’extérieur pour une prise en charge adaptée, l’établissement lui offre un accompagnement global à l’intérieur même du contexte qui lui pose des difficultés.

Pour les parents, la prise en charge globale de leur enfant au sein de l’école leur assure que tous les moyens sont mis en oeuvre pour faciliter son développement et ses apprentissages. Leur enfant est au centre de sa prise en charge. Cela facilitera également l’organisation logistique des familles en supprimant un déplacement hebdomadaire vers un lieu de consultation extérieur.

Une expérience à l’appui

Cette idée, j’y avais déjà pensé. Mais ce qui l’a transformée en conviction, cette année, ce sont quelques étudiants du Bachelier en Psychomotricité. Petit clin d’oeil à vous, chers étudiants, si vous me lisez 😉

En effet, certains étudiants de 3ème année réalisent un stage en école maternelle où ils occupent justement cette position de psychomotricien proposant des séances individuelles aux enfants qui en ont besoin.

Pour compléter leur bilan psychomoteur, ils réalisent des observations des enfants en classe et dans la cour de récréation. Ils échangent avec les différents intervenants ayant en charge les enfants : instituteurs, surveillants, profs de gym. Quand l’occasion se présente, ils rencontrent également certains parents demandeurs d’informations.

Ainsi, ils obtiennent une vision globale des besoins de ces enfants pour mieux vivre l’école, que cela soit au niveau des apprentissages, du comportement, des relations avec les copains ou avec les adultes. Et c’est leur présence dans les murs de l’école qui leur permet d’accéder à tous ces éléments de compréhension de la problématique de l’enfant dans ce contexte particulier qu’est l’école !

Ces étudiants sont également à l’écoute des difficultés, des inquiétudes et des émotions suscitées par ces enfants chez les différents intervenants qui les encadrent. Ils représentent un véritable soutien aux équipes pédagogiques en proposant des hypothèses quant au fonctionnement de l’enfant, en attirant leur attention sur certaines ressources et compétences moins valorisées, et en proposant des pistes de travail concrètes à appliquer en classe et en famille.

Dans les écoles que j’ai visitées pour encadrer les étudiants stagiaires en psychomotricité dans ce contexte, les équipes pédagogiques sont ravies. Elles soulignent le travail réalisé par ces étudiants comme un véritable soutien dans l’accompagnement des enfants dans le développement de leurs apprentissages et de leur personnalité !

Crédits photos :
Bernie Goldbach via Visualhunt.com / CC BY-NC-ND
barnabywasson via VisualHunt.com / CC BY-NC-SA

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5 Comments

  • Sébastien

    Bonjour,

    Je suis maitre spécial de psychomotricité dans deux écoles bruxelloises.
    Je suis d’accord avec votre vision. Un psychomotricien en individuel peut avoir une place importante car avec un groupe-classe, il est effectivement plus difficile de travailler adéquatement en différenciation. Un suivi individuel est nécessaire pour certains enfants.
    Cependant, je ne suis pas sûr que la situation sera idéale pour le psychomotricien. Lorsque je vois ma propre situation instable et compliquée (contrat A.C.S., …) alors que les 2 heures de psychomotricité par classe sont obligatoires (via le décret), je n’ose imaginer celle d’un psychomotricien indépendant dans une école alors que le diplôme n’est pas reconnu à part entière.
    D’autant plus que la plupart des écoles n’ont pas une infrastructure adaptée.
    J’ose tout de même espéré que votre approche ne soit pas utopique.
    Bonne continuation.

    • Carole

      Bonsoir Sébastien et merci pour votre intérêt !
      Effectivement, cette situation serait moins confortable qu’un temps plein CDI. Mais je crois que, quoi qu’il arrive, s’installer comme indépendant demande détermination, motivation et nombreuses démarches pour se faire connaître et faire comprendre la pratique psychomotrice aux intervenants et aux parents. J’ose espérer qu’en profitant d’un local mis à disposition par une école, ces démarches en seraient facilitées. Je suis tout à fait d’accord avec vous, il s’agirait que l’établissement dispose d’une salle adaptée!
      Le diplôme n’est pas reconnu en tant que paramédical, mais il permet aux jeunes diplômés du Bachelier en Psychomotricité de travailler dans le domaine de l’éducation. Ce serait un moyen détourné de profiter de ce début reconnaissance 😉 Sait-on jamais!

  • Pour souvent, très souvent même, partager nos avis et être ensemble sur la même longueur d’ondes, cette fois, je ne partage pas ce point de vue.

    De mon pt de vue de psychopédagogue et de psychomotricienne avec mon expérience de presque 20 ans maintenant, inscrire la thérapie à l’école n’est pas dans le rôle de celle-ci. La présence des thérapeutes dans les écoles spécialisées montrent que les parents se déresponsabilisent des difficultés de leur enfant, laissant cela à charge de l’école, ou ils participent moins à l’accompagnement de celui-ci dans son développement à la maison.

    Je pense que les psychomot et les M de P ont une place dans le cadre de l’école, mais en éducation, cela ne doit pas dépasser le cadre de groupe. Ils peuvent toutefois accompagner plus particulièrement l’un ou l’autre enfant « plus individuellement » dans le groupe si celui-ci nécessite un petit coup de pouce.

    La mission de l’école est d’éduquer et d’offrir une égalité des chances. Là où il devrait y avoir du changement, c’est dans des horaires facilitant, par ex, des aprèM où l’on sait que les enseignants ne voient rien de neuf mais renforcent les acquis, ou des aprèm récréatives ou sportives comme cela se fait dans certains autres pays. Durant ces temps, ceux qui en ont besoin pourraient aller à leurs rendez-vous en privé car l’aide individualisée au cas par cas doit rester de cet ordre. Les enfants qui sont pris en charge en logo dans les écoles au nez et à la barbe des autres font la différence, ils sont souvent stigmatisés, les autres élèves savent qu’ils sont en difficultés. On les retire à la classe et ils sont encore un peu plus en marge de celle-ci.

    Il y a chez nous un travail de fond à mener pour que l’école adapte ses pédagogies aux besoins des enf et non le contraire, c’est-à-dire mettre l’enfant qui ne suit pas « en marge » au sein même de l’école.
    Personnellement, je n’aurais jamais accepté que mes enfants soient pris en charge durant les heures scolaires dans leur école.

    Je pense réellement que l’école doit conserver son cadre éducatif, l’améliorer, mais ne doit pas se transformer en pseudo-hôpital. Cela laisse en plus la porte ouverte à l’enseignant qui « trie » les élèves au risque même de ne plus avoir besoin que les parents soient demandeurs et impliqués alors qu’ils ont la responsabilité de leur enfant.

    « Je ne prêche pas pour ma paroisse » puisque je sais à quel point il est difficile de mettre toutes les prises en charge des enfants après 15.30, avec les devoirs en plus ! Il devait y avoir plus de souplesse dans les horaires scolaires et moins de devoirs en primaire principalement pour faciliter les horaires de soins, peu importe lesquels.

    Le psychomotricien ne doit pas être instrumentalisé par l’école comme un intervenant de la réadaptation scolaire ! Le psychomotricien revendique sa place au paramédical, il ne faut donc pas confondre les terrains et le placer dans un rôle de « rééducateur » au pédagogique, même si dans ses fonctions, ils vise le développement psychomoteur et joue donc un rôle dans les apprentissages. Bien que je puisse en comprendre l’idée, ce serait une dérive… pourquoi ne pas alors envisager des prises en charge psychologiques systématiquement au sein de l’école ?

    Il y a bien des psychologues dans les CPMS… ils apportent un regard particulier sur les enfants en conseillant, en orientant… Un psychomotricien pourrait aussi avoir sa place dans cette structure en tant qu’expert du développement… mais pas dans des prises en charge individualisées où se confondraient pédagogie et thérapie.

    Un psychomotricien pour les enfants en difficultés oui, mais le psychomotricien n’est pas spécialisé en pédagogie spéciale ou en orthopédagogie. Le psychomotricien, s’il revendique sa place en tant qu’intervenant du paramédical doit « se rendre libre » d’une contrainte occasionnée par une structure telle que l’école pour accueillir une demande émanant des responsables de l’enfant et rendre la famille actrice dans ce travail, ouvrant ainsi la voie possible aux conditions nécessaires à la création de l’espace thérapeutique et permettre que se jouent des transformations réciproques entre les différents acteurs de la prise en charge.
    L’idée de chercher des débouchés aux psychomotriciens m’anime autant que toi, … mais pas dans cette voie là chère collègue et amie…
    ED

    • Carole

      Coucou Eliane et merci pour ce partage d’une opinion différente!
      Dans nos deux visions idéales de l’école, je ne sais pas laquelle d’entre nous est la plus utopiste 😉 D’un côté, je comprends ta conception de bien segmenter l’école et sa démarche pédagogique des prises en charge paramédicales. De l’autre, ce sont de + en + souvent les écoles qui pointent les difficultés qui mènent les parents à consulter. Plutôt que d’envoyer les enfants vers une prise en charge extérieure avec une demande de l’école que les parents ne s’approprient pas, le fait que l’école propose d’accompagner l’enfant de manière spécifique à l’intérieur même du contexte qui pose des difficultés à l’enfant me semble pouvoir favoriser une meilleure adhérence au suivi ainsi que la création d’une alliance avec la famille. Et ce, d’autant plus dans les contextes socio-économiquement défavorisés où règne parfois l’inertie dans les familles qui ne consultent parfois pas faute de repères, de compréhension, de moyens ou encore par peur de se confronter à un nouvel intervenant.
      Je ne pense pas que ce type de travail instrumentaliserait le psychomotricien, à partir du moment où les objectifs et les modalités seraient clairement définies! Peut-être serait-il plus approprié de parler d’éducation psychomotrice de soutien individuel que de démarche thérapeutique, effectivement.
      Les professionnels qui peuvent aider les enfants à mieux vivre l’école sont nombreux : les logopèdes, les psychologues, les diététiciennes, … En ce qui me concerne, je suis pour, si cela se justifie, qu’ils aient leur place à l’école afin de soutenir les équipes pédagogiques, les enfants et les parents. Mais je me rends bien compte que c’est une vision toute personnelle et que je rêve un peu éveillée 😉

  • Béatrice

    Je suis psychomotricienne Aucouturier. Enfant , étant dyslexique, j ai pu bénéficier de séance avec une logo pendant mes heures de cours. J étais effectivement stigmatisé, tout le monde était au courant de ma difficulté, ma différence. Pas chouette à vivre.
    Par contre je travaille dans l’enseignement spécial et là pour nous psychomotricien c est cadeau, les enfants nous accueillent les bras ouvert.

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