Ce site internet vous concocte de délicieux cookies afin d'améliorer et personnaliser votre expérience de navigation. D'autres cookies peuvent également vous être offerts de la part d'autres échoppes comme Google, Youtube, Facebook et Pinterest. En explorant ce site, vous consentez à tous les goûter !

Blog

Hier, j’ai hurlé sur mon bébé

Hier, j’ai hurlé sur mon « bébé » de 22 mois. « Mais tu es crevée, tu dois dormir. » Une vraie phrase que je lui ai littéralement beuglé à la figure. Si fort au point de m’en faire mal à la gorge. C’est sorti tout seul, tellement j’étais à bout nerveusement. Je n’ai pas été capable de me raisonner, de réguler cette émotion de rage qui m’a débordée.

Et puis j’ai fondu en larmes. J’ai pleuré toute ma culpabilité, toute ma honte de cette réaction brutale. Tout mon regret de ce geste tellement aux antipodes de ce que je souhaite incarner, comme maman, pour ma fille.

Parce que je sais pertinemment combien ce type de comportement est délétère pour la construction de son cerveau. Merci Céline Alvarez.

Parce que je connais les effets des hormones du stress sur son développement global. Merci Catherine Gueguen.

Parce que je voudrais tant être ce pilier dont elle a besoin pour s’appuyer et se construire. Je voudrais tant être ce porte-avion sur lequel elle pourrait venir se poser pour faire le plein d’amour et d’attention dans les moments difficiles. Merci Isabelle Filliozat.

Hier était un moment difficile et ma bienveillance a fait défaut.

Hier était un moment difficile et les grandes penseuses de l’éducation positive me pointaient de leurs doigts accusateurs.

 

Hier, j'ai hurlé sur mon bébé

 

Finalement, ce n’est pas si grave

Une fois toutes ces émotions retombées, j’ai retrouvé mes esprits. Je me suis posée et j’ai réfléchi.

Certes, hurler ainsi sur ma fille restera un comportement dont je ne suis pas fière, que je ne souhaite pas reproduire …

Mais la culpabilité est-elle vraiment nécessaire ? Nous, les parents, avons bien assez de soucis comme ça. Un moment déjà difficile en soi n’a pas besoin de se compliquer d’une nouvelle dose de regrets et de honte coupable.

Car nous, adultes, éprouvons également toutes sortes d’émotions plus ou moins fortes, plus ou moins violentes. Et, tout comme nos enfants, il nous arrive de mal les gérer, de se les prendre en pleine poire sans pouvoir réagir adéquatement. Et dans ces cas là, nous faisons comme nos petits : nous les exprimons sans filtre et parfois violemment, à la hauteur de leur puissance.

Viennent alors les comportements réparateurs. Bien sûr, juste après mon beuglement, j’ai serré fort ma fille dans mes bras. Bien sûr que j’ai posé des mots sur ce qu’il venait de se passer.

Notre monde n’est pas celui des bisounours. Les éclats émotionnels en feront toujours partie. Nos enfants y seront malheureusement confrontés régulièrement tout au long de leur vie. Car les émotions secouent tous les êtres humains et parfois, elles nous débordent.

Mais le temps ne s’arrête pas, le monde ne se fige pas dans la violence d’une émotion exprimée. Les réorganisations sont possibles. Les stratégies réparatrices existent. Elles font partie des apprentissages que doivent réaliser nos enfants.

Les neurosciences démontrent que l’enfant élague de nombreuses connexions cérébrales au cours de son développement. Or ce n’est pas la qualité ou l’intensité d’une connexion qui sera déterminante. Mais bien sa fréquence : une connexion peu utilisée finira par disparaître.

Bonne nouvelle pour ma culpabilité : ce hurlement stressant ne fera bientôt même plus partie des mauvais souvenirs de ma fille. Ce qui compte, c’est l’énorme proportion de tous les comportements bienveillants que j’ai chaque jour, chaque minute, envers elle. Et non pas ce (presque) unique écart !

De l’importance d’être avant tout bienveillant avec soi-même

Accompagner son enfant dans son développement nécessite une disponibilité psychique toute particulière. Mais également un grand niveau d’énergie.

Nous devons faire preuve d’amour, de douceur, de patience, d’écoute, d’empathie, d’attention, de présence, d’ajustement dans notre langage et nos attentes, d’encouragements … Mais nous devons également user de fermeté, d’autorité, de cadre et de règles. Nous avons à répondre aux besoins physiologiques et autres demandes, à stimuler quotidiennement, à rassurer et consoler. Nous jouons, nous racontons des histoires, nous chantons des comptines, nous allons à la piscine ou nous promener.

Si nous sommes nous-mêmes encombrés par tout un tas de tracas, stress professionnels et autres soucis frustrants  du quotidien … Impossible pour nous d’investir authentiquement toutes ces qualités !

Ne nous délaissons pas à force de vouloir se dédier corps et âmes à une éducation bienveillante de nos enfants.

Car, avant tout, nos enfants ont besoin de parents authentiquement disponibles pour tisser des liens de qualité. C’est le terreau essentiel à leur construction !

Et si nous nous autorisions plus souvent des bulles d’oxygène « extra-parentales » pour pouvoir donner le meilleur de nous-mêmes à nos enfants  ?

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Related Posts

4 Comments

  • Sara

    Merci pour ce témoignage… presque insuffisant pour arrêter de s’auto mutiler après avoir crié sur mon bébé devant son cousin du même age.. Il avait peur de son cousin et pleurait sans cesse, ça m’a mis hors de moi et j’ai hurlé son prénom, sa réaction ancrée dans ma tête, m’empêche de dormir……..
    Être maman est difficile… je suis perdue et je m’en veux

  • Mary

    ça me fait beaucoup de bien de lire ça même si je n’arrive pas à enlever ma culpabilité…J’aime plus que tout mon petit garçon de 15 mois mais oui ce matin j’ai hurlé, j’ai tapé des pieds sur place, j’ai perdu patience, je lui ai dis que j’en avais marre de ne pas dormir…15 mois que je ne dors jamais plus de 2h d’affilée…11 mois d’allaitement, de nuits entrecoupées solo car le papa est en déplacement minimum 2 nuits par semaine…alors je suis une mère aimante patiente 90% du temps…je ne le laisse jamais pleurer, je le caline, je me lève 6 fois par nuit sans broncher mais à 6h du matin je craque…je craque environ une fois par semaine…je tape dans mon oreiller, je hurle, je pleure…je me tape…et je n’arrive pas à enrayer ça…je vois une psy. Je m’excuse et j’explique à mon enfant mais j’ai peur, peur de le traumatiser, d’être une mère indigne, de créer de l’insécurité affective. Je suis désespérée…Catherine Gueguen m’a achevé en terme de culpabilité…est-ce que je détruis les cellules du cerveau de mon bébé?

    • Mary poppin’s

      Bonjour Mary,

      Je m’appelle Marie également.
      Je suis très touchée de vous lire … j’ai un petit garçon de 10 mois que j’eleve seul car le papa est en dépression et nous a quittés 2 jours après le retour de la maternité.
      C’est difficile. Très difficile.
      J’allaite encore… je ne l’aurais jamais cru.
      Les 3 premiers mois ont été chaotiques… aujourd’hui il tète mieux la nuit que le jour, en cododo. Avec 6 réveils par nuit.
      Il m’arrive de perdre patience, surtout quand je dois changer sa couche et qu’il ne veut pas rester en place plus de 30 secondes.
      Alors j’ai crié, je l’ai remis en place un peu sèchement ( mais sans lui faire mal évidemment ), cet après-midi j’ai même tapé sur le matelas à côté tellement j’étais à bout.
      Je lui ai demandé pardon et j’ai expliqué ma réaction mais ça ne suffit pas à me déculpabiliser totalement.
      L’endormissement est le plus pénible au quotidien…
      Je crois ,qu’après avoir essayé tant de choses, que mis à part m’armer de patience je n’y peux pas grand chose.
      Travailler sur mon anxiété peut être, car il la ressent j’en suis convaincue.
      Mais vu le contexte actuel cela ne va pas aller en s’améliorant ! …
      Hormis le sommeil, c’est un bébé formidable et très souriant. Je l’aime tant. Je sais qu’il le sait, il le sent.
      Je crois que nous devrions garder en tête que … nous faisons du mieux que nous pouvons avec l’energie que nous avons, nous donnons le meilleur.
      Voilà ce qui est important.
      Courage à vous.
      Voici mon mail si vous souhaitez échanger davantage mlfloc@hotmail.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.