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La vérité sur la motricité libre

Elle tient désormais une place de choix dans la boîte à outils du parent moderne, cette boîte qui prône le maternage dit proximal, le retour aux essentiels, une attention particulière au besoins de l’enfant. On trouve ainsi la motricité libre aux côtés de l’éducation bienveillante, de la diversification alimentaire menée par l’enfant (DME), du portage physiologique, de la langue des signes pour bébé ou encore de l’hygiène naturelle infantile (HNI).

Les véritables fondements qui sous-tendent ces nouvelles prescriptions à la mode en matière de motricité libre de l'enfant.

La motricité libre, nouvelle pédagogie à la mode

Où plutôt anti-pédagogie. Car le concept consiste, justement, à NE PAS enseigner la motricité à l’enfant. On ne lui apprendra ainsi pas à s’asseoir, se mettre debout ou marcher. Au contraire, il s’agit de laisser l’enfant réaliser ces découvertes et ces apprentissages par lui-même, au moment où il sera prêt, sans l’y forcer. Même si c’est plus tard qu’on l’espérait ou plus tard que le fils de la voisine.

Tout ça nous vient des découvertes du Dr. Emmi Pikler. Cette pédiatre dirigeait une pouponnière à Budapest dans les années 1950 : Loczy. Depuis sa thèse et tout au long de sa carrière professionnelle, elle s’est passionné pour l’étude du développement de l’enfant. Ses recherches ont notamment mis en évidence l’importance de l’activité spontanée du bébé pour un développement harmonieux de ses compétences motrices et psychomotrices. Elle prône ainsi ce qu’elle nomme la motricité libre ou autonome. Principe qui sera bien sûr d’application à Loczy.

Des prescriptions concernant la motricité …

Derrière le concept de motricité libre, on retrouve aujourd’hui toute une série de préceptes à appliquer pour éviter d’entraver les mouvements du bébé et du jeune enfant.

Tout ça est très bien, bien sûr 🙂 Mais on en vient à oublier les fondements des découvertes réalisées à Loczy … qui vont bien plus loin que ces simples prescriptions à appliquer à tout prix, sous peine de se voir affublé d’une étiquette de mauvais parent !

La vérité sur la motricité libre

… À une vision globale du développement de l’enfant à partir d’une motricité libérée !

Ce que nous apportent les travaux d’Emmi Pikler, c’est tout un « nouvel » éclairage sur les mécanismes du développement global de l’enfant. Et ses théories, pas si neuves que ça puisque datant des années 1950, sont aujourd’hui confirmées par les neurosciences. Elles nous permettent de mieux comprendre comment se construisent les enfants, en donnant la part belle aux expériences motrices qu’ils réalisent spontanément.

Mais cette liberté motrice ne revêt toute son importance que si et seulement si l’environnement matériel et relationnel dans lequel baigne l’enfant est propice à son développement !

La motricité libre, comme le laisse entendre sa désignation, ne se satisfait donc pas « juste » d’éviter ce qui entrave les mouvements du bébé au quotidien. C’est en réalité toute une manière d’être à l’enfant … dont découle un respect particulier pour sa liberté de mouvement !!!

Peut-être cela vous fait-il le même effet que le fameux débat sur la primauté de l’oeuf sur la poule ou vice-versa. Mais la nuance est importante 🙂

C’est parce que le bébé baigne dans un milieu relationnel sécurisant, stable et apaisant ; que ses besoins physiologiques et affectifs sont observés, compris et comblés ; que des repères lui sont proposés pour l’aider à se structurer ; dans un environnement adapté à ses périodes d’éveil et de sommeil ; avec des objets de jeu et de soin pertinents … que le bébé pourra profiter du potentiel de développement que représente sa liberté de mouvement !

La motricité libre doit être la conséquence d’une attention privilégiée à notre relation à l’enfant, en général, et non à l’origine d’une fixation sur ce qu’il faut faire et ne pas faire avec son enfant en matière de motricité.

La vérité sur la motricité libre

Pour moi, elle doit découler d’une compréhension des mécanismes à l’oeuvre dans le développement psychomoteur de l’enfant, tant dans l’affinement de ses compétences motrices que dans sa construction psychique et son inscription dans la société, en tant qu’individu doué d’émotions et d’intelligence. Tout est intriqué et ne se limite aucunement à la motricité.

Être libre suppose être libre de tout empiètement intrusif de l’objet. L’activité motrice libre et spontanée permet au bébé de ne pas être assujetti à l’adulte, et de faire alors l’expérience de ses capacités, de construire ses compétences, d’intégrer des connaissances et de développer sa pensée. À l’exception de la position initiale donnée au bébé à sa naissance, qui est celle du décubitus dorsal, le développement physiologique des grands mouvements s’étaye sur l’initiative personnelle de l’enfant. L’éprouvé subjectif de l’activité propre, étayée sur la liberté motrice, permet de vivre une expérience émotionnelle qui prend naissance dans l’élan pulsionnel.

Association Pikler Loczy France

Quand la motricité libre ne suffit pas

Par conséquent, la motricité libre ne se suffit certainement pas à elle-même. Laisser son enfant libre de ses mouvements n’est pas suffisant !

Il est, pour moi, nécessaire de comprendre les mécanismes du développement de la (psycho)motricité pour être capable de s’ajuster aux besoins de son enfant en matière d’expériences, découvertes et apprentissages moteurs.

En effet, certains enfants auront besoin d’un petit coup de pouce pour avancer, pour se dépêtrer d’une position inconfortable ou d’un blocage lié à des tensions mal placées qui rendent leur corps inconfortable.

Nombreux sont les bébés qui gardent des « séquelles » de l’accouchement, éprouvant des difficultés à réguler leur tonus musculaire, se retrouvant avec le crâne, la nuque ou le bassin rigidifiés, vivant très mal le fait d’être couché sur le dos, et devant déployer des stratégies pour s’organiser autrement dans ce corps inconfortable.

Et n’oublions pas les RGO (reflux gastro-oesophagien), les plagiocéphalies, les torticolis congénitaux ou les dysplasie de hanche qui viennent également perturber le système !

Ainsi, motricité libre ne veut absolument pas dire aucune intervention sur la motricité. Justement, elle est pour moi synonyme d’interventions justes et adaptées : installations correctes du bébé et du jeune enfant, manipulations douces et respectueuses, prises et outils de portage adaptés, choix judicieux des objets de jeu et de puériculture, surveillance minutieuse des processus toniques et posturaux en jeu !

Si vous souhaitez apprendre comment accompagner votre bébé dans le développement de sa motricité au quotidien, j’ai créé pour vous Objectif Marche. Tout un programme dans lequel je vous emmène personnellement à la conquête de la motricité, votre bébé et vous, mais pas n’importe comment !

Et vous, que pensez-vous de la motricité libre ? La pratiquez-vous à la maison ? A-t-elle été facile à mettre en place ? Qu’est-ce que ça a changé dans les relations à votre enfant ? Racontez-moi tout dans les commentaires 🙂

6 Comments

  • Marionnet

    La motricité libre c’est très bien et un peu culpabilisant… Mon fils demande beaucoup à marcher (9 mois). Hors il ne marche évidemment pas tout seul. Il sait se mettre debout et tend les mains vers nous pour que nous l’aidions à bouger. Nous avons donc considéré que sa soif de « bipédie » et de découverte du monde verticale avec notre aide était plus importante que la motricité libre. Nous n’avons pas « poussé » notre fils à marcher mais nous avons répondu à sa demande. Je suis toujours un peu embêtée car consciente qu’il brule certaines étapes et que le faire marcher avec notre aide n’est pas forcément la bonne option mais dire à mon fils « non tu es trop jeune tu patienteras pour voir le monde reste sur ton tapis fais les choses dans l’ordre tout seul et tu pourras un jour être debout » ne me semble pas la bonne réponse… Dans votre article vous présentez l’environnement familiale et le relationnel comme un préalable à la bonne perception et utilité de la motricité libre. Je vous rejoins tout-à-fait, mais ces notions peuvent-elles s’opposer comme dans notre situation ?

    • Carole

      Difficile pour moi de vous répondre sans voir comment bouge votre fils, comment il vit sa motricité et son corps en mouvement … Mais ce n’est pas anormal ! Certains enfants vont plus vite, ont soif de découvrir le monde et se dressent plus vite sur leurs 2 jambes pour s’élancer dans leurs premiers pas à la verticale. Il y a place pour toutes les particularités 🙂 Tant qu’il vous parait à l’aise et qu’il ne créée pas de tensions excessives dans son corps pour se maintenir debout … Tant que cette envie de se redresser n’est pas une échappatoire face à un inconfort corporel dans les autres positions … C’est ok 😉

  • roulin

    Nous avons mis en place la motricité libre en eaje sur un groupe de 12 enfants. Nous avons commencé par proscrire les transats dans la salle et ne les réserve que pour le repas, ensuite nous avons effectué une réflexion sur les jouets présentés en éliminant ceux qui ne présentait pas d’intérêt sensorielles(retirer tout les jouets en plastique lisse et qui font du bruit)
    Nous avons privilégier les inter actions par la voix le portage, aux matériels ludique. la référence a aussi etait travaille, le respect de l’individualisation.
    Les résultats ont étaient un groupe apaisé, des pros a l’écoute, moins stresse, beaucoup plus dans l’interaction et l’observation de l’acquisition des compétences. Les familles ont etait intéressé par la dynamique de ce projet et des réunions d’information sur la motricité libre ont été organisé sur la commune.
    Merci a Piklerloczy !!!!

  • Marcela

    Je pratique la motricité libre avec ma petite de 12 mois depuis toujours. J’étais ravie quand elle a commencé à sortir et entrer pour dormir dans son lit tout seule à quatre pattes. L’une de choses plus choux que j’ai jamais vu dans ma vie. 😍 Je suis très fier de la façon épanouissante, autonome et calme dont elle s’est développé jusqu’à maintenant. On passe la plus part de notre temps ensemble dans la salle/ cuisine avec balcon qui sont bien sécurisés et spacieux. Ça m’a donné à moi aussi pas mal de autonomie pour faire le tâches ménagères. Des fois elle monte un petit marche de l’escalier pour regarder le paysage en toute tranquillité. C’est trop beau!
    De plus en plus curieuse et auto confiante malheureusement la motricité libre dernièrement s’est rendue un souci grave pendant notre temps passé hors de la maison. Ma petite très habitué à se déplacer librement partout n’est pas de tout contente d’être dans me bras ou contenue aucune part. Dès que quelque chose atire son intérêt (lisez: tout le temps) elle se penche vers le sol et si je ne lui pose pas elle fait des grosses crises. Ou cas ou ça soit un endroit assez sécurisé et je la permet de descendre elle veut se lancer sans autre pour explorer très éloigné de moi. Et en plus de cela elle n’accepte absolument pas main dans la main. Bien sûr, si elle a tout appris seule pourquoi ferait-elle différemment? Si je ne la donne pas la main à la maison pourquoi le faire en ville, magasin ou marché?
    Honnêtement je ne sais pas comment gérer à ce moment là. Je doute la méthode que j’ai choisi. Je me demande si je l’ai donnée trop de liberté. Peut être la motricité libre devrait-il avoir des recommandations plus précises et variés par rapport à la grandeur de l’espace ou l’enfant va se développer? J’ai l’impression que le combo salle – cuisiné – balcon a donné une escale trop large à sa autonomie et le fait que je ne l’ai presque jamais aidé rajoute beaucoup au problème.

    • Carole

      Bonjour Marcela, l’enfant qui découvre l’autonomie motrice (que cela soit en motricité libre ou pas) ne se rend pas compte qu’il y a des limites et des dangers ! Il a l’impression que son pouvoir est infini et c’est en se confrontant aux limites matérielles, spatiales et relationnelles qu’il va intégrer progressivement tout ça à son fonctionnement ! Il y a donc une phase transitoire où vous devrez lui dire non, poser des limites franches, et ou elle résistera … C’est tout à fait normal 🙂

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