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Trop de jouets tue le jeu de l’enfant

En ce mois de décembre, les cadeaux tombent littéralement du ciel en direct de la hotte magique de Saint-Nicolas ou du Père Noël. Vos enfants font le pleiiiin de nouveaux jouets !

Et pourtant, ils n’en manquaient pas vraiment … n’est-ce pas ? Peut-être vous dites-vous, tant mieux ! Plus ils ont de jouets, plus ils jouent et mieux ils se développent … Et bien, pas nécessairement !

Trop de jouets tue le jeu de l'enfant

Les jouets soutiennent le jeu de l’enfant

Il est vrai que le jeu est l’activité de développement par excellence de l’enfant. C’est en jouant, avec leur corps, les objets et les copains, que vos enfants réalisent tous leurs apprentissages. Il découvrent comment fonctionne leur corps et en affinent sa maitrise, il apprennent à réguler leurs émotions, à créer des relations harmonieuses, ils font des relations de cause à effet pour comprendre le fonctionnement des objets et les lois qui régissent leur environnement, ils construisent leur identité, …

Et pour développer leurs activités ludiques, les enfants peuvent s’appuyer sur toutes sortes de jouets aux caractéristiques bien différentes. Certains objets solliciteront la motricité de votre enfant, d’autres stimuleront plutôt sa créativité ou ses compétences logic-mathématiques. Il y en a des grands, des petits, des mous, des durs, des simples, des complexes, et caetera !

Ce qui compte, ce n’est pas tant le type de jouet mais la fonction que va lui donner l’enfant à travers ses jeux ! Un jouet de type moteur, comme un vélo par exemple, peut très bien être utilisé par votre petit comme une table pour y jouer à la dinette ou comme pilier pour soutenir la construction d’une cabane … et donc avoir une fonction symbolique !

Plusieurs jeux pour un même jouet

Bien souvent, un même jouet sera utilisé par votre enfant de différentes manières. Et vous serez parfois surpris car ce n’est pas toujours ce à quoi vous pourriez vous attendre !

Trop de jouets tue le jeu de l'enfant

Prenons l’exemple d’une poupée. En la donnant à votre petit, vous imaginez sans doute qu’il va jouer à faire semblant de pouponner pour faire comme papa et maman.

Mais peut-être qu’il va d’abord l’attraper par un bras ou une jambe et la secouer dans tous les sens, faire de grands moulinets et la jeter à travers la pièce pour aller la récupérer et recommencer le même stratagème. Ce faisant, il travaille sa motricité : la gestion de sa force, les coordinations de ses bras pour lancer. Il apprend les notions spatiales : si je la jette, la poupée monte puis descend vers le sol, je m’oriente pour aller la chercher et me rend compte de la distance. Il développe ses compétences logiques en explorant les relations de cause à effet : si je la jette, je la perds, elle tombe, s’abîme peut-être, elle atterrit dans ce coin là du salon.

Peut-être votre enfant va-t-il s’asseoir dans un coin et manipuler la poupée avec ses petits doigts : aller toucher les yeux qui s’ouvrent et se ferment, les cils, la bouche, les doigts et les orteils en plastique. Il explore les différentes parties du corps et apprend ainsi à connaître son propre corps. Il affine son schéma corporel !

Ou peut-être encore va-t-il aller la déposer dans une boite ou la cacher sous un coussin de votre canapé, et puis s’exclamer « il est où le bébé ? » ! Et c’est alors parti pour un jeu de cache-cache à travers lequel il construit également des notions spatiales (dedans, dehors, contenu, contenant) et affirme sa compréhension de la permanence de l’objet (le bébé ne se désintègre pas parce que je ne le vois plus, il était simplement caché et peut réapparaître).

Pourquoi trop de jouets tue le jeu de l’enfant

Donc vous me voyez peut-être arriver … Un enfant qui a trop de jouet ne prendra pas le temps d’expérimenter à fond chacun d’entre eux ! Il aura tendance à papillonner d’un jouet à l’autre, à se disperser.

Trop de jouets tue le jeu de l'enfant

Même si l’enfant peut rester concentré un certain temps sur un même jouet, il passera à un autre une fois qu’il lui semblera avoir sollicité toutes les possibilités offertes par celui-ci. Tandis que s’il ne dispose pas d’un autre jouet plus attrayant, il continuera sans doute à chercher, à expérimenter l’objet pour trouver d’autres manières de l’utiliser et créer de nouveaux jeux !

Pour entrer en relation avec un jouet, l’enfant a besoin de temps ! Il a besoin de faire des essais, des erreurs, de répéter les mêmes actions, d’essayer des variantes, de créer des scénarios de jeux. Il pourra ainsi construire des séquences de jeu complexes et abouties, déployées sur une plus longue période de temps !

Sa compréhension des choses, son imagination, sa créativité, son autonomie, son esprit d’initiative et ses capacités attentionnelles n’en seront que renforcées !

Comment faire le tri dans les jouets ?

Ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas dit : vous ne devez pas vous débarrassez des jouets en trop ?

S’il y a un tri à faire, c’est tout simplement un classement des jouets en fonction des jeux qu’ils suscitent chez votre enfant. Vous aurez ainsi une meilleure idée des objets en votre possession et de leur utilité en terme de développement psychomoteur.

Vous pourrez ensuite mettre en place une « rotation des jouets » comme le préconise Maria Montessori. Il s’agit de mettre à disposition de l’enfant quelques jouets pendant une période donnée, mettons une semaine par exemple. Tous les autres jouets sont rangés hors de sa vue. Une fois cette période écoulée (ou si vous constatez un réel désintérêt chez votre enfant), vous changez les jouets !

Il y a deux façons de procéder :

  • Soit vous proposez plusieurs jouets d’une même catégorie, et la semaine suivante vous en changez. Par exemple, vous pourriez proposer un petit puzzle, des cubes de construction et des objets à emboîter pour stimuler les activités de motricité fine et de construction.
  • Soit vous proposez un jouet par catégorie. Par exemple, un objet à manipuler avec les doigts, un jouet qui fait bouger tout le corps et un jouet plus symbolique comme une peluche ou une figurine.

Quand je dis « un » jouet, il peut bien entendu s’agir d’un « ensemble » de jouet, comme par exemple des duplos ou des cubes en bois. 3, 4, 5 jouets par semaine, c’est vous qui voyez aussi en fonction des besoins de votre enfant.

Pour aller plus loin

Sophie Marinopoulos, interviewée par l’équipe de Yapaka.be vous donne également son avis sur la question :

Et pour vous, comment ça se passe à la maison ? Comment gérez-vous la prodigieuse accumulation de jouets qui évolue de manière exponentielle avec la croissance de votre enfant ? 😉 Dites-moi tout dans les commentaires !

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